Julien Coupat a été libéré il y a quelques jours après presque huit mois de détention...bizarrement les médias sont drôlement moins expansifs que lors de son arrestation! Bah oui c'était pas la fin de l'histoire que Michèle Alliot-Marie leur avait racontée!!
Rapide retour sur le traitement médiatico-politique parfaitement orchestré de cette affaire:
- le 11 novembre 2008 à l'aube Julien Coupat et neuf autres personnes sont arrêtés au village de Tarnac et placés en garde à vue
- à 8h du matin la ministre de l'intérieur envoie un communiqué
- à 10h conférence de presse
- à 13h les JT ont jugé les suspects coupables et planté le décor de l'histoire à raconter aux français, expliquant par exemple que « le commando avait fait de ce village de Corrèze son QG » et qu'« ils vivaient dans une petite épicerie tapie dans l'ombre » (France 2)
- à 20h, pour la suite du feuilleton, le scénario était peaufiné, les personnages précisés: « en jetant téléphones portables et ordinateurs, ils sont entrés en clandestinité » (France 2).
- Dès le lendemain, la presse prenait docilement le relai, sur un versant plus explicitement politique, Libération titrant notamment « sabotages du réseau TGV: l'ultra-gauche déraille ».
...et ça semblait pas un tout petit peu préparé tout ça?
Si les gens y ont cru sans douter, c'est parce que les discours politiques et médiatiques se sont parfaitement accordés et ont montré une assurance sans faille (un-e ministre ça dit la vérité au peuple hein?) et que tous les ressors de la propagande ont été utilisés sans aucune retenue: raccourcis, manipulation grammaticale et sémantique, révélations de « témoins sous X » (émission "Sept à huit" du 23/11)...
Et puis ça donne envie d'y croire, c'est encore mieux que « 24h chrono », une histoire de jeunes terroristes déguisés en baba-cools dans un petit village français! (En plus ça change des nouvelles quotidiennes de Sarkozy!) Comme pour un bon blockbuster, le scénario présenté aux JT est classique et creux et tout le succès réside dans la mise en scène, les images et les effets spéciaux. Le ton dramatique de la voix off arrive à donner une dimension accablante à des listes d'objets ridiculement communs: « ordinateur portables, documents divers, barres métalliques » (TF1), « des tracts, des livres, des banderoles, mais aussi un certain nombre de documentations liées à la SCNF et aux trains » (France 2).
Avec ça, c'est facile, il suffit de quelques mots clés tels que « anar », «gauche radicale », « mouvements violents » pour réveiller le fantasme collectif de l'extrême-gauche violente. Autre manipulation psychologique de masse qui fonctionne toujours: jouer sur la peur, en identifiant un ennemi menaçant; selon MAM (qui a du prendre des leçons chez Bush) « le chef du commando a été arrêté avec ses principaux lieutenants »!! et elle a recensé « 220 bandes, regroupant 3000 personnes » (France Inter). Avec un terme nouveau pour les désigner, ça marche encore mieux: ça sera « l'ultra-gauche »!
Ensuite, on ne peut plus risquer de discréditer l'histoire qui se tient si bien, alors les médias passeront sous silence la piste allemande (le quotidien allemand Tageszeitung a reçu mi novembre une lettre de revendication): évoquée par Mediapart le 22 novembre, l'info n'est sortie ailleurs que le 15 décembre, et encore bien discrètement.
Au-delà de l'intérêt d'analyser la manipulation médiatico-politique et la crédulité des français concernant ce qu'on leur raconte, ce qu'il faut bien voir c'est que cette affaire est arrivée à un moment donné, dans un certain contexte: la baisse de popularité de Sarkozy, les difficultés du gouvernement, la montée des mouvements sociaux, et a certainement bien aidé à ralentir la contestation populaire.
Les classiques tels que les interrogations d'usagers énervés lors des grèves, la minimisation des préparatifs de mobilisation, ne faisaient probablement plus assez effet alors il a fallu trouver plus gros... Effectivement l'impact est fort car cela amène à des dissonances individuelles: faire grève, aller dans la rue, ce sont des habitudes de la gauche, qui s'avère drôlement peu fréquentable ces temps-ci...
A côté de celle de Tarnac, les affaires impliquant la gauche radicale fleurissent ces derniers mois (plainte contre Besancenot, gardes à vue d'éditeurs, etc.) et dans un tel scénario, ce qui pour les militants révèle une criminalisation croissante de la contestation, ne fait probablement que confirmer pour beaucoup la dangerosité de cette gauche, car entraîné dans une histoire à laquelle on a cru, il devient beaucoup plus difficile de mettre en question ce qui pourrait l'ébranler...
vendredi 5 juin 2009
lundi 13 avril 2009
Comment soigner votre déprime de la crise
Pas facile de croire en l'avenir en ce moment, que ça soit au niveau personnel (chômage, couples qui durent pas, soucis financiers...) de la société (profits délirants des patrons,...) ou de la planète (guerres, pénuries d'eau, extinction des espèces...).
Et quand ils auraient pu oublier tout ça le temps d'une journée, les JT se chargent de le rappeler aux français et de leur présenter la "crise" comme une fatalité inexorable...
Bah oui ça leur évite de chercher à changer les choses et ça leur donne envie de profiter de leurs sous tant qu'ils en ont et se satisfaire de leur (sale) boulot tant qu'ils ont la chance d'en avoir...
Mais à côté de cette réalité déprimante, il y a ce que j'aurais envie d'appeler une "énergie parallèle" qui vit et bouillonne chaque jour, grâce à des milliers de personnes à l'origine d'initiatives, de projets, de festivals, de rencontres, de soirées, d'actions...qui se veulent résistance au consumérisme vide de sens, créatrices de lien social, et petites pierres pour construire ensemble une société plus belle.
Tout ça n'est pas nouveau mais ça me semble prendre une réelle ampleur; il apparaît des nouvelles formes de militantisme qui arrivent à concilier réflexion et humour, engagement et auto-analyse, et surtout qui s'avèrent fortes d'une inventivité et d'un brassage des "cultures militantes" très fructifs.
Et si j'arrive à être réellement optimiste malgré le contexte économique et social pas franchement réjouissant, c'est grâce au vécu de moments riches dans ces perspectives, grâce aux rencontres avec des personnes fortes d'une créativité et d'une foi qui semble faire que tout sera possible un jour!
J'ai déjà parlé de la Vélorution, il y a eu récemment le festival Débattons dans les rues; des projets associatifs novateurs tels que la Fabrik...
Côté presse il en existe une beaucoup plus réjouissante et subversive que Libé: par exemple L'âge de faire ou Silence. Et en local notre Canard du Coin bien-sûr.
Côté émissions télés il y a désormais Global resistance!
Côté internet la liste serait longue...tellement ça grouille de blogs racontant un tour du monde à vélo ou donnant des recettes bio et végétariennes à petits prix pour les tourangeaux...
Pour moi c'est bien par cette expérience de lien social, de rapport humain et à la nature simple et sain, d'espace d'expression et de création pour chacun, que les gens pourront être convaincus qu'il existe un modèle de société générateur de moins de souffrances; et non par la lecture d'un tract ou le pied-dans-la-porte à la veille d'une élection.
En conclusion, j'aurais deux messages à donner:
- aux militants: ouvrons au maximum tout ce que l'on met en place de génial au plus grand nombre et travaillons en ce sens!
- aux lecteurs du blog qui connaissent plus ou moins cette déprime de la crise: je vous invite à débrancher la télé et venir vivre ces moments de partage!!
Et quand ils auraient pu oublier tout ça le temps d'une journée, les JT se chargent de le rappeler aux français et de leur présenter la "crise" comme une fatalité inexorable...
Bah oui ça leur évite de chercher à changer les choses et ça leur donne envie de profiter de leurs sous tant qu'ils en ont et se satisfaire de leur (sale) boulot tant qu'ils ont la chance d'en avoir...
Mais à côté de cette réalité déprimante, il y a ce que j'aurais envie d'appeler une "énergie parallèle" qui vit et bouillonne chaque jour, grâce à des milliers de personnes à l'origine d'initiatives, de projets, de festivals, de rencontres, de soirées, d'actions...qui se veulent résistance au consumérisme vide de sens, créatrices de lien social, et petites pierres pour construire ensemble une société plus belle.
Tout ça n'est pas nouveau mais ça me semble prendre une réelle ampleur; il apparaît des nouvelles formes de militantisme qui arrivent à concilier réflexion et humour, engagement et auto-analyse, et surtout qui s'avèrent fortes d'une inventivité et d'un brassage des "cultures militantes" très fructifs.
Et si j'arrive à être réellement optimiste malgré le contexte économique et social pas franchement réjouissant, c'est grâce au vécu de moments riches dans ces perspectives, grâce aux rencontres avec des personnes fortes d'une créativité et d'une foi qui semble faire que tout sera possible un jour!
J'ai déjà parlé de la Vélorution, il y a eu récemment le festival Débattons dans les rues; des projets associatifs novateurs tels que la Fabrik...
Côté presse il en existe une beaucoup plus réjouissante et subversive que Libé: par exemple L'âge de faire ou Silence. Et en local notre Canard du Coin bien-sûr.
Côté émissions télés il y a désormais Global resistance!
Côté internet la liste serait longue...tellement ça grouille de blogs racontant un tour du monde à vélo ou donnant des recettes bio et végétariennes à petits prix pour les tourangeaux...
Pour moi c'est bien par cette expérience de lien social, de rapport humain et à la nature simple et sain, d'espace d'expression et de création pour chacun, que les gens pourront être convaincus qu'il existe un modèle de société générateur de moins de souffrances; et non par la lecture d'un tract ou le pied-dans-la-porte à la veille d'une élection.
En conclusion, j'aurais deux messages à donner:
- aux militants: ouvrons au maximum tout ce que l'on met en place de génial au plus grand nombre et travaillons en ce sens!
- aux lecteurs du blog qui connaissent plus ou moins cette déprime de la crise: je vous invite à débrancher la télé et venir vivre ces moments de partage!!
jeudi 19 mars 2009
Qui a peur du post-colonial?
Chez les Alternatifs, pas de hiérarchie, donc. Ce qui ne veut pas dire pour autant parité, que ce soit de sexe (40 % de femmes au dernier congré), d'âge (...), de profession (beaucoup de cadres, de profs et professions "intellectuelles") et "d'origine" (99% de "blancs").
Donc même si les Alters sont ouverts à toutes les luttes, forcément ce profil sociologique global va faire que certaines tiennent à coeur plus que d'autres, priment sur les autres...
Avec deux camarades on a poussé un coup de gueule, il y a quelques mois de ça, pour que notre parti-mouvement se sente un plus concerné et "applique" sa pensée alternative, aux questions post-coloniales, malheureusement souvent reléguées au second plan, et bénéficiant de réactions émotionnelles et personnelles plutôt que de réelles réflexions!
Voici ce qu'on a souhaité dire à nos ptits camarades:
Le modèle français actuel d ‘« intégration » des migrants est en crise. La panne de l'ascenseur social, la montée du chômage de masse, la précarisation croissante des jeunes ont joué un rôle important dans cette mise en crise.
Mais ce n'est pas la seule raison.
Même si les vagues d’immigration d’origine européenne avaient suscité le rejet à leur arrivée dans le monde ouvrier, leur intégration à la société française a été facilitée par la proximité de classe mais aussi pour des raisons de similarité culturelle et religieuse (christianisme).
Or, les dernières vagues d’immigration se différencient des précédentes ( immigration polonaise, italienne, portugaise ...) par leur provenance extra-européenne, leurs références culturelles et leurs religions, différentes de celles qui dominent, en France métropolitaine, depuis des siècles.
Celles des dernières quarante années, proviennent majoritairement des anciennes colonies d’Afrique équatoriale ou du Maghreb et des actuels DOM. Il y a aujourd'hui 6 millions de personnes de religion ou de culture musulmane, majoritairement français et majoritairement rejetés.
Assimilez-vous ou partez ! La France, aimez-la ou quittez-la !
L’ethnocentrisme républicain, très présent dans une France ex-puissance coloniale, se mêlant à la peur de la différence, les autorités françaises ont construit la figure du " bon immigré intégré » réplique exacte du regard condescendant et méprisant portée sur les populations anciennement colonisées. Pour être considéré comme Français - le slogan "être français, ça se mérite" a été partagé bien au-delà du seul électorat FN - , être en accord avec les « valeurs françaises », il faut ne pas faire trop de vagues et abandonner sa culture et ses traditions…
Véhiculant l'idée de l'incompatibilité des cultures et alimentant ainsi l’idéologie du choc des civilisations, sous couvert de lutte contre le terrorisme, la xénophobie d’Etat et l’islamophobie se sont développées. Elles n’ont jamais été aussi présentes en France et dans les pays occidentaux ; au point que l'amalgame entre pratiques religieuses musulmanes et intégrisme religieux est devenu presque naturel.
Des discriminations systémiques que nous devons combattre
Il est de notre responsabilité de prendre part le plus largement possible aux luttes anti-racistes mais aussi de combattre la pensée unique de l'"intégration/assimilation" qui produit mécaniquement discriminations à l'embauche, au logement, dans les loisirs ... Cette "pensée" empreinte d'un regard marqué par le colonialisme, est véhiculée par les médias et les principales personnalités et partis politiques, à gauche comme à droite.
Elle renvoie à la négation républicaine des origines qui, par adhésion sincère à un universalisme abstrait, risque d'aboutir à une sur-valorisation des origines et des identités.
Nous devons aussi élever la voix contre les politiques gouvernementales, de gauche comme de droite, qui stigmatisent les banlieues populaires et leurs habitant-e-s, notamment au travers des "politiques de la ville". Toutes ont été désastreuses, discriminantes et sécuritaires tant au niveau du logement, des moyens accordés aux écoles, que des violences policières, de la précarisation de ses habitants et de leur accès difficile à la culture et aux services publics, générateur de lien social.
Plus largement, nous devons combattre toutes les discriminations car toutes sont liées et trouvent leur origine dans des rapports sociaux de domination qui valorisent la norme de l'"homme, occidental, blanc, chrétien et hétérosexuel".
C'est en prenant en compte la réalité que nous pourrons lutter efficacement contre les persécutions des minorités, les discriminations et la stigmatisation des pratiques religieuses, culturelles ou sexuelles qui sont contradictoires avec notre projet politique et humain.
Nous pensons que les Alternatifs doivent s'emparer des questions que nous avons abordé dans ce texte et en débattre sereinement. C'est une condition indispensable pour que le nouveau prolétariat des quartiers populaires, quelle que soit sa couleur et son appartenance religieuse, s'intéresse à la politique et puisse partager notre désir d'émancipation.
Nathan BOUMENDIL - Guy GIANI - Léa CARLAT
Donc même si les Alters sont ouverts à toutes les luttes, forcément ce profil sociologique global va faire que certaines tiennent à coeur plus que d'autres, priment sur les autres...
Avec deux camarades on a poussé un coup de gueule, il y a quelques mois de ça, pour que notre parti-mouvement se sente un plus concerné et "applique" sa pensée alternative, aux questions post-coloniales, malheureusement souvent reléguées au second plan, et bénéficiant de réactions émotionnelles et personnelles plutôt que de réelles réflexions!
Voici ce qu'on a souhaité dire à nos ptits camarades:
Le modèle français actuel d ‘« intégration » des migrants est en crise. La panne de l'ascenseur social, la montée du chômage de masse, la précarisation croissante des jeunes ont joué un rôle important dans cette mise en crise.
Mais ce n'est pas la seule raison.
Même si les vagues d’immigration d’origine européenne avaient suscité le rejet à leur arrivée dans le monde ouvrier, leur intégration à la société française a été facilitée par la proximité de classe mais aussi pour des raisons de similarité culturelle et religieuse (christianisme).
Or, les dernières vagues d’immigration se différencient des précédentes ( immigration polonaise, italienne, portugaise ...) par leur provenance extra-européenne, leurs références culturelles et leurs religions, différentes de celles qui dominent, en France métropolitaine, depuis des siècles.
Celles des dernières quarante années, proviennent majoritairement des anciennes colonies d’Afrique équatoriale ou du Maghreb et des actuels DOM. Il y a aujourd'hui 6 millions de personnes de religion ou de culture musulmane, majoritairement français et majoritairement rejetés.
Assimilez-vous ou partez ! La France, aimez-la ou quittez-la !
L’ethnocentrisme républicain, très présent dans une France ex-puissance coloniale, se mêlant à la peur de la différence, les autorités françaises ont construit la figure du " bon immigré intégré » réplique exacte du regard condescendant et méprisant portée sur les populations anciennement colonisées. Pour être considéré comme Français - le slogan "être français, ça se mérite" a été partagé bien au-delà du seul électorat FN - , être en accord avec les « valeurs françaises », il faut ne pas faire trop de vagues et abandonner sa culture et ses traditions…
Véhiculant l'idée de l'incompatibilité des cultures et alimentant ainsi l’idéologie du choc des civilisations, sous couvert de lutte contre le terrorisme, la xénophobie d’Etat et l’islamophobie se sont développées. Elles n’ont jamais été aussi présentes en France et dans les pays occidentaux ; au point que l'amalgame entre pratiques religieuses musulmanes et intégrisme religieux est devenu presque naturel.
Des discriminations systémiques que nous devons combattre
Il est de notre responsabilité de prendre part le plus largement possible aux luttes anti-racistes mais aussi de combattre la pensée unique de l'"intégration/assimilation" qui produit mécaniquement discriminations à l'embauche, au logement, dans les loisirs ... Cette "pensée" empreinte d'un regard marqué par le colonialisme, est véhiculée par les médias et les principales personnalités et partis politiques, à gauche comme à droite.
Elle renvoie à la négation républicaine des origines qui, par adhésion sincère à un universalisme abstrait, risque d'aboutir à une sur-valorisation des origines et des identités.
Nous devons aussi élever la voix contre les politiques gouvernementales, de gauche comme de droite, qui stigmatisent les banlieues populaires et leurs habitant-e-s, notamment au travers des "politiques de la ville". Toutes ont été désastreuses, discriminantes et sécuritaires tant au niveau du logement, des moyens accordés aux écoles, que des violences policières, de la précarisation de ses habitants et de leur accès difficile à la culture et aux services publics, générateur de lien social.
Plus largement, nous devons combattre toutes les discriminations car toutes sont liées et trouvent leur origine dans des rapports sociaux de domination qui valorisent la norme de l'"homme, occidental, blanc, chrétien et hétérosexuel".
C'est en prenant en compte la réalité que nous pourrons lutter efficacement contre les persécutions des minorités, les discriminations et la stigmatisation des pratiques religieuses, culturelles ou sexuelles qui sont contradictoires avec notre projet politique et humain.
Nous pensons que les Alternatifs doivent s'emparer des questions que nous avons abordé dans ce texte et en débattre sereinement. C'est une condition indispensable pour que le nouveau prolétariat des quartiers populaires, quelle que soit sa couleur et son appartenance religieuse, s'intéresse à la politique et puisse partager notre désir d'émancipation.
Nathan BOUMENDIL - Guy GIANI - Léa CARLAT
mardi 10 mars 2009
Concrètement c'est quoi? Les Alternatifs, le CARP, les Désobéissant-e-s? Et la Vélorution?
C'est plutôt à gauche tout ça, je crois que tout le monde l'aura compris.
Mais c'est pas tout à fait la même chose, ni les mêmes gens!
En effet tous les Alternatifs 37 font partie des Désobéissant-e-s 37 mais pas l'inverse;
tous les habituels du CARP sont des Alternatifs sauf un;
certains vélorutionnaires ont intégré les Désobéissant-e-s mais certains désobéissant-e-s n'ont pas de vélos;
une autre, par exemple, vélorutionne et est une désobéissant-e- occasionnelle ;) ;
par contre certains Alternatifs n'aiment pas la Vélorution ("c'est un truc de bobo!!") et certains Désobéissant-e-s sont encartés ailleurs que chez les Alternatifs...
et il y a une personne en Indre-et-Loire qui participe aux quatre, je vous laisse deviner qui! :D
Bon alors,
Les Alternatifs, tout d'abord: c'est un parti-mouvement, dont les "quatre piliers" sont : solidarités, écologie , féminisme et autogestion.
Nous sommes aussi altermondialistes: ce que nous mettons en pratique en participant aux forums sociaux mondiaux
et anti-libéraux: nous considèrons que la "gauche plurielle"(PC, Verts...), en acceptant les principales règles du jeu du libéralisme, ne peut améliorer la situation qu'à la marge, qu'elle ne propose que des demi-mesures, sans offrir de perspectives. Cependant les Alternatifs ne sont pas fermés à certaines alliances électorales avec les Verts, le PS, le PC, etc. si la politique qu'ils proposent peut s'accorder avec la notre.
On rêve donc d'une société réellement différente mais en tirant leçon de l'Histoire, en tentant de rester critique à l'égard de nos belles idées! On souhaite des changements radicaux mais sans violence, avec intelligence et humanité, et surtout avec le plus grand nombre, sans imposer. On parle ainsi "d'utopie réaliste", de "révolution lente".
Au sein de ce parti-mouvement autogestionnaire, on laisse ses besoins d'asservissement et son ego à la porte, l'adhérent n'est "ni un petit soldat ni un carriériste".
Tous les points de débat sont discutés dans les groupes locaux, pour lesquels, contrairement aux autres partis, il n'y a pas de chef (même appelé "animateur"): on essaie de répartir la parole et on désigne pour chaque coordination nationale bi-mensuelle une personne du groupe mandatée pour rapporter les décisions et la température locale au niveau national.
Ainsi, pas de hiérarchie entre jeunes et anciens, hommes et femmes, bavards et timides, diplômés ou non.
Accepter les principes démocratiques est un exercice difficile pour beaucoup car quand on s'engage c'est aussi un peu parce qu'on pense qu'on analyse mieux que d'autres, qu'on a la bonne vision des choses...également car les hiérarchies nous ont été inculquées par la société depuis tous petits et qu'il faut réapprendre de nouvelles façons de se considérer et d'intéragir... mais tout le monde s'auto-régule, et ça marche vraiment pas mal.
"Etre alternatif, c'est chercher à identifier le positif, saisir, soutenir et impulser ce qui tend vers une vie humaine plus libre, solidaire et généreuse. C'est proposer des réponses concrètes, agir pour des réformes profondes et durables, développer des contre-pouvoirs, préparer les ruptures sociales et institutionnelles indispensables."
Les Alternatifs comptent une cinquantaine d'élus municipaux à Landerneau, Nantes, Douarnenez, Dunkerque, Paris 13e, Nîmes, Auch, Castres, Lutterbach, Tourcoing, Grenoble, Besançon, etc.
Quant au CARP (Collectif anti-libéral de rassemblement populaire) il s'est consitué en 2007 à l'initiative de militants d’associations, d’organisations politiques, syndicales, des altermondialistes ou de simples citoyens d’Indre-et-Loire, se retrouvant dans les propositions portées par José Bové et souhaitant soutenir cette candidature.
Depuis, ce collectif lutte activement pour la défense des valeurs défendues dans cette campagne.
Le CARP 37 et les Alternatifs 37 se réunissent conjointement, et militent ensemble, par exemple pour une gestion publique de l'eau ou pour la valorisation des déchets ménagers.
Et depuis peu, les Alternatifs, les collectifs tels que le CARP, et d'autres courants "de la gauche alternative" tels qu'Utopia, les Alterekolos... sont rassemblés en une Fédération! ça permet de confronter des points de vue un peu différents mais pas trop, et d'avoir ensemble un peu plus de poids...
Avec les Désobéissants, moins de bla-bla, pas de mic-macs électoraux, place à l'action!
Voici leur manifeste:
"Nous sommes un certain nombre à penser que la situation inquiétante de notre planète nous impose de retrouver le chemin de formes d’action et de lutte plus efficaces et plus radicales. Nous croyons que la réalité des rapports de force que nous subissons en matière de nucléaire civil et militaire, de protection de l'environnement contre les pratiques de certaines multinationales, de mondialisation de l’injustice sociale, etc. exigent de renouer avec une culture de la désobéissance civile/civique, de l'action directe non-violente, du refus radical et ludique.
Conscients des limites liées aux modes traditionnels de mobilisation (pétitions, manifestations...), qui ne nous valent que de trop rares victoires, et n'attirent plus guère les nouvelles générations de militants, nous avons décidé de former un réseau informel de militants de l'action directe non-violente. Parce que nous voulons nous battre pour la défense de la vie et de la justice sociale, nous avons décidé de nous organiser en un groupe de volontaires et d'activistes prêts à agir de manière directe et non violente aussi souvent que nécessaire et possible.
Dans ses concrétisations (stages, rencontres, débats, événements de convergence des luttes), le manifeste des désobéissants est donc une plateforme d'échange et de rencontre autour de la non-violence active et de la désobéissance civile. Il se veut un outil que chacun doit s'approprier. Ainsi, la responsabilisation et l'autonomisation sont favorisées et essentielles pour aller vers une émancipation individuelle et collective tout en développant des solidarités actives.
Nous sommes des faucheurs d'OGM, des démonteurs de panneaux publicitaires, des clowns activistes, des dégonfleurs de 4x4 de ville, des inspecteurs citoyens de sites nucléaires, des intermittents du spectacle, des activistes écologistes, des hébergeurs de sans-papiers, etc. Nous pensons que nos luttes et nos méthodes relèvent d'une dynamique alter-mondialiste plus indispensable que jamais, et que c'est ensemble, et dans l'action directe non-violente, que nous rendrons possible la transformation radicale de notre société, et de ce fait notre survie à tous dans un monde redevenu vivable."
A Tours, un collectif existe depuis décembre, on est à l'heure actuelle une bonne quarantaine et on a pas mal de projets en cours...
Et la Vélorution?
Il est expliqué sur le blog de la Vélorution tourangelle que c'est un collectif d'utilisateurs de vélos proposant à tous les cyclistes et non-motorisés de se regrouper devant la mairie de Tours le 1er samedi de chaque mois pour ce qu'on appelle une masse critique.
Il existe des vélorutions dans le monde entier (Rome, Paris, Angers, Bordeaux, Lille, Montréal....). Vélorution Tours n'est qu'une petite partie de ce grand morceau. Chaque mouvement local est indépendant mais des interconnexions entre groupes "vélorutionnaires" sont toujours possibles pour des échanges d'idées ou d'informations.
Nous nous battons pour le partage de la route avec les motorisés en attendant leur déclin. Nous nous battons pour le respect des pistes cyclables (automobiliste, ne t'es-tu jamais garé deux roues sur le trottoir, sur la piste, juste pour une baguette, ou un billet de 20 euros? CONCEPT: j'en ai pour une minute, monsieur). Nous nous battons pour la place qu'on nous prend quand on nous serre, qu'on nous klaxonne, qu'on nous néglige au mépris de certaines règles de courtoisie.
Bien sûr, la vélorution est ouverte à tous: automobilistes repentis, rollers, chaises roulantes, planches à roulette, piétons, brouettes bref tous ceux qui trouvent qu'on manque quand même d'un peu d'espace, qui estiment que la voiture a pris une place qu'il faut maintenant réduire!!!
N'oublions pas une chose: nous ne subissons pas la circulation. NOUS SOMMES LA CIRCULATION.
Vélorution Tours s'est illustré par des actions très symboliques comme un die-in à l'entrée de l'autoroute A10, par des déambulations toujours sérieuses, toujours festives lors des "journées sans ma voiture" ou lors de l'inauguration du parc à vélo au cinéma "les studios". Nous n'hésitons pas non plus à aborder au cours de nos rendez-vous mensuels des thèmes sociaux qui nous paraissent importants: OGM, réchauffement climatique, dénonciation du Rallye Paris-Dakar...
Mais c'est pas tout à fait la même chose, ni les mêmes gens!
En effet tous les Alternatifs 37 font partie des Désobéissant-e-s 37 mais pas l'inverse;
tous les habituels du CARP sont des Alternatifs sauf un;
certains vélorutionnaires ont intégré les Désobéissant-e-s mais certains désobéissant-e-s n'ont pas de vélos;
une autre, par exemple, vélorutionne et est une désobéissant-e- occasionnelle ;) ;
par contre certains Alternatifs n'aiment pas la Vélorution ("c'est un truc de bobo!!") et certains Désobéissant-e-s sont encartés ailleurs que chez les Alternatifs...
et il y a une personne en Indre-et-Loire qui participe aux quatre, je vous laisse deviner qui! :D
Bon alors,
Les Alternatifs, tout d'abord: c'est un parti-mouvement, dont les "quatre piliers" sont : solidarités, écologie , féminisme et autogestion.
Nous sommes aussi altermondialistes: ce que nous mettons en pratique en participant aux forums sociaux mondiaux
et anti-libéraux: nous considèrons que la "gauche plurielle"(PC, Verts...), en acceptant les principales règles du jeu du libéralisme, ne peut améliorer la situation qu'à la marge, qu'elle ne propose que des demi-mesures, sans offrir de perspectives. Cependant les Alternatifs ne sont pas fermés à certaines alliances électorales avec les Verts, le PS, le PC, etc. si la politique qu'ils proposent peut s'accorder avec la notre.
On rêve donc d'une société réellement différente mais en tirant leçon de l'Histoire, en tentant de rester critique à l'égard de nos belles idées! On souhaite des changements radicaux mais sans violence, avec intelligence et humanité, et surtout avec le plus grand nombre, sans imposer. On parle ainsi "d'utopie réaliste", de "révolution lente".
Au sein de ce parti-mouvement autogestionnaire, on laisse ses besoins d'asservissement et son ego à la porte, l'adhérent n'est "ni un petit soldat ni un carriériste".
Tous les points de débat sont discutés dans les groupes locaux, pour lesquels, contrairement aux autres partis, il n'y a pas de chef (même appelé "animateur"): on essaie de répartir la parole et on désigne pour chaque coordination nationale bi-mensuelle une personne du groupe mandatée pour rapporter les décisions et la température locale au niveau national.
Ainsi, pas de hiérarchie entre jeunes et anciens, hommes et femmes, bavards et timides, diplômés ou non.
Accepter les principes démocratiques est un exercice difficile pour beaucoup car quand on s'engage c'est aussi un peu parce qu'on pense qu'on analyse mieux que d'autres, qu'on a la bonne vision des choses...également car les hiérarchies nous ont été inculquées par la société depuis tous petits et qu'il faut réapprendre de nouvelles façons de se considérer et d'intéragir... mais tout le monde s'auto-régule, et ça marche vraiment pas mal.
"Etre alternatif, c'est chercher à identifier le positif, saisir, soutenir et impulser ce qui tend vers une vie humaine plus libre, solidaire et généreuse. C'est proposer des réponses concrètes, agir pour des réformes profondes et durables, développer des contre-pouvoirs, préparer les ruptures sociales et institutionnelles indispensables."
Les Alternatifs comptent une cinquantaine d'élus municipaux à Landerneau, Nantes, Douarnenez, Dunkerque, Paris 13e, Nîmes, Auch, Castres, Lutterbach, Tourcoing, Grenoble, Besançon, etc.
Quant au CARP (Collectif anti-libéral de rassemblement populaire) il s'est consitué en 2007 à l'initiative de militants d’associations, d’organisations politiques, syndicales, des altermondialistes ou de simples citoyens d’Indre-et-Loire, se retrouvant dans les propositions portées par José Bové et souhaitant soutenir cette candidature.
Depuis, ce collectif lutte activement pour la défense des valeurs défendues dans cette campagne.
Le CARP 37 et les Alternatifs 37 se réunissent conjointement, et militent ensemble, par exemple pour une gestion publique de l'eau ou pour la valorisation des déchets ménagers.
Et depuis peu, les Alternatifs, les collectifs tels que le CARP, et d'autres courants "de la gauche alternative" tels qu'Utopia, les Alterekolos... sont rassemblés en une Fédération! ça permet de confronter des points de vue un peu différents mais pas trop, et d'avoir ensemble un peu plus de poids...
Avec les Désobéissants, moins de bla-bla, pas de mic-macs électoraux, place à l'action!
Voici leur manifeste:
"Nous sommes un certain nombre à penser que la situation inquiétante de notre planète nous impose de retrouver le chemin de formes d’action et de lutte plus efficaces et plus radicales. Nous croyons que la réalité des rapports de force que nous subissons en matière de nucléaire civil et militaire, de protection de l'environnement contre les pratiques de certaines multinationales, de mondialisation de l’injustice sociale, etc. exigent de renouer avec une culture de la désobéissance civile/civique, de l'action directe non-violente, du refus radical et ludique.
Conscients des limites liées aux modes traditionnels de mobilisation (pétitions, manifestations...), qui ne nous valent que de trop rares victoires, et n'attirent plus guère les nouvelles générations de militants, nous avons décidé de former un réseau informel de militants de l'action directe non-violente. Parce que nous voulons nous battre pour la défense de la vie et de la justice sociale, nous avons décidé de nous organiser en un groupe de volontaires et d'activistes prêts à agir de manière directe et non violente aussi souvent que nécessaire et possible.
Dans ses concrétisations (stages, rencontres, débats, événements de convergence des luttes), le manifeste des désobéissants est donc une plateforme d'échange et de rencontre autour de la non-violence active et de la désobéissance civile. Il se veut un outil que chacun doit s'approprier. Ainsi, la responsabilisation et l'autonomisation sont favorisées et essentielles pour aller vers une émancipation individuelle et collective tout en développant des solidarités actives.
Nous sommes des faucheurs d'OGM, des démonteurs de panneaux publicitaires, des clowns activistes, des dégonfleurs de 4x4 de ville, des inspecteurs citoyens de sites nucléaires, des intermittents du spectacle, des activistes écologistes, des hébergeurs de sans-papiers, etc. Nous pensons que nos luttes et nos méthodes relèvent d'une dynamique alter-mondialiste plus indispensable que jamais, et que c'est ensemble, et dans l'action directe non-violente, que nous rendrons possible la transformation radicale de notre société, et de ce fait notre survie à tous dans un monde redevenu vivable."
A Tours, un collectif existe depuis décembre, on est à l'heure actuelle une bonne quarantaine et on a pas mal de projets en cours...
Et la Vélorution?
Il est expliqué sur le blog de la Vélorution tourangelle que c'est un collectif d'utilisateurs de vélos proposant à tous les cyclistes et non-motorisés de se regrouper devant la mairie de Tours le 1er samedi de chaque mois pour ce qu'on appelle une masse critique.
Il existe des vélorutions dans le monde entier (Rome, Paris, Angers, Bordeaux, Lille, Montréal....). Vélorution Tours n'est qu'une petite partie de ce grand morceau. Chaque mouvement local est indépendant mais des interconnexions entre groupes "vélorutionnaires" sont toujours possibles pour des échanges d'idées ou d'informations.
Nous nous battons pour le partage de la route avec les motorisés en attendant leur déclin. Nous nous battons pour le respect des pistes cyclables (automobiliste, ne t'es-tu jamais garé deux roues sur le trottoir, sur la piste, juste pour une baguette, ou un billet de 20 euros? CONCEPT: j'en ai pour une minute, monsieur). Nous nous battons pour la place qu'on nous prend quand on nous serre, qu'on nous klaxonne, qu'on nous néglige au mépris de certaines règles de courtoisie.
Bien sûr, la vélorution est ouverte à tous: automobilistes repentis, rollers, chaises roulantes, planches à roulette, piétons, brouettes bref tous ceux qui trouvent qu'on manque quand même d'un peu d'espace, qui estiment que la voiture a pris une place qu'il faut maintenant réduire!!!
N'oublions pas une chose: nous ne subissons pas la circulation. NOUS SOMMES LA CIRCULATION.
Vélorution Tours s'est illustré par des actions très symboliques comme un die-in à l'entrée de l'autoroute A10, par des déambulations toujours sérieuses, toujours festives lors des "journées sans ma voiture" ou lors de l'inauguration du parc à vélo au cinéma "les studios". Nous n'hésitons pas non plus à aborder au cours de nos rendez-vous mensuels des thèmes sociaux qui nous paraissent importants: OGM, réchauffement climatique, dénonciation du Rallye Paris-Dakar...
jeudi 5 mars 2009
A 30 Km de Tours...
Travaillant depuis un an comme psychologue dans une mission locale en territoire rural de l'Indre-et-Loire, je fais un certain nombre de découvertes sociologiques. Je ne pense pourtant pas sortir de ma "tour d'ivoire" mais il faut le dire, je découvre un monde. On parle beaucoup des conditions de vie difficiles des jeunes de banlieue, mais je crois pouvoir dire qu'ils n'ont pas grand chose à envier aux jeunes de campagne.
Je reçois des jeunes de 16 à 25 ans, en situation de chômage ou d'emploi précaire, avec des histoires de vie plus ou moins difficiles (souvent) mais avec un point quasiment commun pour tous: ce qui me semble être une grande précarité culturelle et sociale.
Culturelle tout d'abord car malgré beaucoup de temps libre, les jeunes disent pratiquer très très peu d'activités de loisirs ou sportives, ne pas lire, ne pas aller au cinéma... Il y a bien-sûr les problèmes financiers qui empêchent beaucoup de choses. Et parfois la déprime qui n'est pas motrice pour se bouger. Mais au-delà, il me semble qu'ils cherchent extrêmement peu à se trouver des activités, qu'ils s'intéressent infiniment peu au monde, à l'actualité, que souvent avoir un loisir n'entre même pas dans quelque chose de pensable pour eux.
Je suis par ailleurs effarée du nombre de jeunes pour qui se rendre à Tours est quelque chose d'exceptionnel (alors à Paris ou à l'étranger n'en parlons même pas!); la journée d'appel à la défense s'avère avoir été pour beaucoup un événement!
Au lieu de ça, beaucoup de "télé", un peu "les magasins" (ça va mieux avant Noël!) et énormément de "rien", en attente du travail qui viendra remplir presque tout l'espace. Un espace pour le moment vide, qui se voit rapidement envahi par les soucis, actuels ou plus anciens; qui trouve pour certains un échappatoire dans des formes plus ou moins prononcées de mythomanie.
Précarité sociale ensuite, car beaucoup ont peu de liens familiaux, disent avoir peu d'amis; assez souvent le conjoint est la seule personne proche.
Ainsi le travail et la recherche d'emploi prennent une importance capitale, c'est quand il y en a que tout va mieux...
Quel équilibre de vie trouver, à long terme, entre, un réseau social très tenu, composé parfois principalement du conjoint (et plus tard des enfants), et l'attente d'un travail, qui quand il y en a, s'avère souvent difficile et précaire?
Les question suivantes découlent de ces constats: comment toute une partie de la population, et aussi jeune, se retrouve t-elle autant coupée de la culture et des loisirs? Et se retrouve t-elle enfermée dans un champ social si restreint?
La faute à la télé?? ou à l'école qui plus ou moins implicitement induit aux élèves "en difficultés" que certaines choses ou modes de vie ne sont pas faites pour eux? Aux politiques de la ville, qui même si elles mettent en place grand nombre de choses n'arrivent pas efficacement à faire liens entre activités et jeunes?
Je crois en tout cas que si l'accès à l'emploi et la garantie de conditions matérielles de vie décentes pour tous doit être un combat, les questions d'accès à la culture, aux loisirs, à une ouverture sur le monde, ainsi que le renforcement des liens sociaux, ne doivent en aucun cas être oubliées: le système capitaliste actuel doit à mon sens être attaqué non seulement sous l'angle économique, mais également en questionnant la pauvreté sociale et culturelle qui en résulte pour beaucoup.
Je reçois des jeunes de 16 à 25 ans, en situation de chômage ou d'emploi précaire, avec des histoires de vie plus ou moins difficiles (souvent) mais avec un point quasiment commun pour tous: ce qui me semble être une grande précarité culturelle et sociale.
Culturelle tout d'abord car malgré beaucoup de temps libre, les jeunes disent pratiquer très très peu d'activités de loisirs ou sportives, ne pas lire, ne pas aller au cinéma... Il y a bien-sûr les problèmes financiers qui empêchent beaucoup de choses. Et parfois la déprime qui n'est pas motrice pour se bouger. Mais au-delà, il me semble qu'ils cherchent extrêmement peu à se trouver des activités, qu'ils s'intéressent infiniment peu au monde, à l'actualité, que souvent avoir un loisir n'entre même pas dans quelque chose de pensable pour eux.
Je suis par ailleurs effarée du nombre de jeunes pour qui se rendre à Tours est quelque chose d'exceptionnel (alors à Paris ou à l'étranger n'en parlons même pas!); la journée d'appel à la défense s'avère avoir été pour beaucoup un événement!
Au lieu de ça, beaucoup de "télé", un peu "les magasins" (ça va mieux avant Noël!) et énormément de "rien", en attente du travail qui viendra remplir presque tout l'espace. Un espace pour le moment vide, qui se voit rapidement envahi par les soucis, actuels ou plus anciens; qui trouve pour certains un échappatoire dans des formes plus ou moins prononcées de mythomanie.
Précarité sociale ensuite, car beaucoup ont peu de liens familiaux, disent avoir peu d'amis; assez souvent le conjoint est la seule personne proche.
Ainsi le travail et la recherche d'emploi prennent une importance capitale, c'est quand il y en a que tout va mieux...
Quel équilibre de vie trouver, à long terme, entre, un réseau social très tenu, composé parfois principalement du conjoint (et plus tard des enfants), et l'attente d'un travail, qui quand il y en a, s'avère souvent difficile et précaire?
Les question suivantes découlent de ces constats: comment toute une partie de la population, et aussi jeune, se retrouve t-elle autant coupée de la culture et des loisirs? Et se retrouve t-elle enfermée dans un champ social si restreint?
La faute à la télé?? ou à l'école qui plus ou moins implicitement induit aux élèves "en difficultés" que certaines choses ou modes de vie ne sont pas faites pour eux? Aux politiques de la ville, qui même si elles mettent en place grand nombre de choses n'arrivent pas efficacement à faire liens entre activités et jeunes?
Je crois en tout cas que si l'accès à l'emploi et la garantie de conditions matérielles de vie décentes pour tous doit être un combat, les questions d'accès à la culture, aux loisirs, à une ouverture sur le monde, ainsi que le renforcement des liens sociaux, ne doivent en aucun cas être oubliées: le système capitaliste actuel doit à mon sens être attaqué non seulement sous l'angle économique, mais également en questionnant la pauvreté sociale et culturelle qui en résulte pour beaucoup.
mercredi 4 mars 2009
Bienvenu-e-s!
Bonne nouvelle pour les fans de "Un peu, beaucoup, passionnément politique", c'est reparti pour un blog!!
Oui oui j'avais dit que je ne voulais plus passer autant de temps sur le net mais ça me manquait, ça me stimule pour cogiter et écrire d'être lue, de pouvoir échanger et pas seulement avec les proches mais aussi pouvoir rencontrer d'autres points de vue!
Je crois aussi que c'est le meilleur moyen pour attirer certaines personnes vers la sphère repoussante de la politique et que c'est un lieu idéal pour, comme j'aime le faire, établir des ponts entre différents domaines, également pour pouvoir proposer des analyses politiques mais avec le recul d'être devant mon écran et pas au milieu d'enjeux stratégiques...
Mais pour pas y passer trop de temps et m'en écoeurer, je vais cette fois au détriment du plaisir des yeux privilégier le fond à la forme (plus de belles illustrations et de déco personnalisée...mais donc des articles encore plus profonds!!) Et puis au détriment de la quantité, je privilégierai la qualité (articles plus rares mais encore plus passionnants!! j'espère!)
L'état d'esprit reste en partie le même (donner l'envie au plus grand nombre de s'intéresser aux questions sociales et politiques) ... en tenant compte du fait que je suis désormais engagée dans plusieurs organisations de "la gauche alternative" et que j'y milite activement: Alternatifs, Carp 37, Fédération, et Désobéissant-e-s! Je vais donc alterner articles "politico-politiques", en écho à des débats dans ces orgas, et articles "grand public"^^.
Je vais essayer de ne pas mettre de la psycho à toutes les sauces...mais c'est ma formation!
Oui oui j'avais dit que je ne voulais plus passer autant de temps sur le net mais ça me manquait, ça me stimule pour cogiter et écrire d'être lue, de pouvoir échanger et pas seulement avec les proches mais aussi pouvoir rencontrer d'autres points de vue!
Je crois aussi que c'est le meilleur moyen pour attirer certaines personnes vers la sphère repoussante de la politique et que c'est un lieu idéal pour, comme j'aime le faire, établir des ponts entre différents domaines, également pour pouvoir proposer des analyses politiques mais avec le recul d'être devant mon écran et pas au milieu d'enjeux stratégiques...
Mais pour pas y passer trop de temps et m'en écoeurer, je vais cette fois au détriment du plaisir des yeux privilégier le fond à la forme (plus de belles illustrations et de déco personnalisée...mais donc des articles encore plus profonds!!) Et puis au détriment de la quantité, je privilégierai la qualité (articles plus rares mais encore plus passionnants!! j'espère!)
L'état d'esprit reste en partie le même (donner l'envie au plus grand nombre de s'intéresser aux questions sociales et politiques) ... en tenant compte du fait que je suis désormais engagée dans plusieurs organisations de "la gauche alternative" et que j'y milite activement: Alternatifs, Carp 37, Fédération, et Désobéissant-e-s! Je vais donc alterner articles "politico-politiques", en écho à des débats dans ces orgas, et articles "grand public"^^.
Je vais essayer de ne pas mettre de la psycho à toutes les sauces...mais c'est ma formation!
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